UN POUR LA ROUTE
d'Harold Pinter

avec

Ambroise BUCHER

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Harold Pinter

Harold Pinter (né le 10 octobre 1930) est un écrivain, dramaturge et metteur en scène anglais. Ses premières œuvres sont souvent associées au genre dit du théâtre de l'absurde. Il a écrit pour le théâtre, la radio, la télévision et pour le cinéma. Il est Commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique et membre de l'Ordre des Compagnons de l’Honneur. Il reçoit le prix Nobel de littérature en 2005.

          

  Harold Pinter "est généralement considéré comme le représentant le plus éminent du théâtre dramatique anglais de la seconde moitié du 20ème siècle", a indiqué l'Académie.

Cet auteur novateur et fécond explore le dit et le non-dit. Son oeuvre observe une réalité aux apparences banales mais secrètement chargée d'insécurité et de violence. Il utilise volontiers un langage elliptique.
 

 

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Un pour la route
GENRE : CONTEMPORAIN

 Ambroise BUCHER - Johanna COHEN - Nicolas LECLERC

« Des centaines de gens sont maintenus en détention sans condamnation par un tribunal, en d’autres termes, ils n’ont pas été jugés coupables ou innocents. Durant leur incarcération, nombre d’entre eux sont soumis à la torture. Des gens dont la vie a été anéantie, tant les victimes de la torture que leurs familles. » Harold Pinter

Cette réalité de la torture est la genèse du spectacle. Dans un lieu qu’on ne pourrait situer, Nicolas avilit Gila, Victor et leur fils tant par conviction religieuse que par sadisme. Dignité humaine : concept ou réalité ?



La Pièce

Dans un lieu qu’on ne pourrait situer, Nicolas, un onctueux et «civilisé» interrogateur dont on ne sait s'il est juge, inspecteur ou bourreau, soumet à son inquisition les membres d’une famille emprisonnée parce qu’ils sont considérés comme étant des ennemis de l’État.

Il interroge successivement Victor, le père, Gila, la mère, et Nicky, leur enfant de sept ans. Il les avilit tant par conviction religieuse que par sadisme.

Il prétend détenir et exercer un pouvoir absolu qu'il estime d'essence divine, mais la problématique se crée lorsque l'autre, l'agressé, ne reconnaît pas ce pouvoir.

Naissent alors trouble, besoin d'amour, haine et séduction inévitables à la relation dominant-dominé.

Cette pièce met en exergue une partie du genre littéraire et surtout du théâtre de Harold Pinter. Insultes et grossièretés, disputes , situations conflictuelles constituent en effet les séquences les plus percutantes de cette pièce.

On pouvait déceler dans cette pièce le personnage d’un joueur de “Djembé” qui intervient pour ponctuer le discours d’un tortionnaire brutal.

Le mérite de cette pièce est d’avoir soulevé un certain nombre d’interrogations restées d’ailleurs sans réponses. Cette approche est d’abord celle préconisée par Harold Pinter, pour qui la réponse à une question n’est jamais définitive


 

 

 

 

 

 

 

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L'écrivain

Après avoir, en 1985, rageusement quitté une réception à l'ambassade de Turquie à Londres, Harold Pinter a, dans la nuit même, écrit en réaction cette pièce qui montre comment un simple individu, investi d'une autorité absolue et d'une mission purificatrice, peut se muer en tortionnaire. Mettant en lumière la relation du tortionnaire à sa victime, distillant une violence d'autant plus menaçante qu'elle ne fait que sourdre sans jamais éclater, cette pièce-piège, très dure, minimaliste dans la forme, presque insupportable par son contenu, est une puissante dénonciation du mépris des droits humains par les gouvernements totalitaires.

 

Au fil de l'intrigue, les personnages deviennent de plus en plus énigmatiques et insaisissables, bien qu'ils s'expriment dans un langage simple, connu de tous. Moyen le plus sûr pour violenter les corps, la parole anodine fonctionne comme un écran de fumée recouvrant de véritables luttes à mort où chaque protagoniste se livre et se perd.

La pièce fut créée à Londres en 1984.